Babaji's Kriya Yoga
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"Thirumular en tant que gourou: la dynamique maître-élève dans le Thirumandiram"
Deuxième partie

Par Vyasa (Doug Lawson)

Dans son deuxième chapitre, "The Philosophy of the Thirumandiram", le professeur KR Arumugam, PhD, expose la philosophie du yoga selon Thirumular.

La philosophie est un système de connaissances qui vise à nous enseigner la différence entre la réalité et la non-réalité. La philosophie aborde en outre la relation entre le monde (pas), l'âme (pasu) et Dieu (Pati). Les différents systèmes abordent ces éléments de différentes façons. Selon Thirumular, ces trois éléments sont réels et non irréels. Il affirme d'emblée que l'objectif du Thirumandiram est d'expliquer complètement le sujet, l'objet et la connaissance, en d'autres termes la connaissance de la substance primaire, le Tout, qui est la cause de l'interaction entre sujet et objet. Cependant, il signale que bien qu'il puisse parler du monde et de l'âme, il est impossible de décrire le Seigneur en mots.

Selon Thirumular et les autres Shiva Siddhantas, nous acquérons cette connaissance réellement valide de l'Absolu ou du Seigneur par perception, inférence ou témoignage. Pour Thirumular, le témoignage est l'outil clé, parce qu'il nous aide à savoir par un moyen autre que nos perceptions et inférences. Il s'agit d'une méthode spéciale puisqu'elle nous permet d'apprendre d'une personne qui peut avoir de meilleures perceptions ou inférences. Et dans de nombreux cas, ces témoignages concernant Dieu sont utiles pour ceux qui n'ont pas fait l'expérience de Dieu. Ainsi, le témoignage peut être interprété comme les propres paroles de Dieu. On peut donc réduire ces trois méthodes ou pramanas, à un seul principe : le principe du pouvoir conscient, ou cit-shakti. Il s'agit de la seule vraie méthode que l'âme utilise pour mesurer les phénomènes. Cependant, ce cit-shakti ne peut pas connaître ou mesurer Shiva/Dieu. Seul Shiva, le Seigneur, peut se révéler à l'âme. L'âme réalise qu'elle connaît le réel et l'irréel, mais que cette connaissance vient du Seigneur. Lorsque l'âme acquiert cette connaissance, elle s'unit avec Lui. La connaissance acquise est valide et intrinsèque.

Thirumular donne une justification à ceux qui souhaitent prouver l'existence du Seigneur par la raison. Dans un premier temps, pour certains, la perception n'est pas suffisante pour acquérir une connaissance valide des trois entités fondamentales du monde, de l'âme et du Seigneur. En d'autres termes, ils n'ont jamais vécu une expérience divine. Le témoignage, malgré sa puissance, peut ne pas être accepté de tous. Ce qui ne laisse que l'inférence. Cette méthode est acceptable parce qu'elle peut relier directement le résultat à une perception valide. Nous percevons de nombreux événements dans la vie. Nous voyons qu'ils possèdent une existence finie, qu'ils vont et viennent. Par conséquent, le monde est gouverné par la création et la dissolution. Donc tout ce qui a été créé est un effet d'une cause antérieure. Le monde lui-même, comme ses composants, est une création qui sera dissoute comme toutes les autres, ce qui signifie qu'il a une cause. Nous pouvons appeler cette cause Dieu (p. 56). Ainsi Thirumular voit le monde comme un effet et Dieu comme la cause première. Le processus de la vie est ensuite défini comme création, subsistance, destruction, obscurcissement et grâce. La création par le Seigneur peut survenir de deux façons : avec ou sans outils. Seul Dieu peut créer par simple intention. Selon Thirumular, la cause de cette intention est l'amour que Dieu ressent envers les âmes. Essentiellement, le jeu de la vie est mis en mouvement et maintenu en place par la Grâce divine. La Grâce est shakti, et l'univers naît de l'union de Shiva et de Shakti. Pour Thirumular, Dieu possède huit attributs : Dieu est autonome et immaculé, il possède une sagesse intuitive, il est omniscient, il incarne la liberté, il possède une grâce sans bornes et il existe en extase illimitée.

Dieu est Sat (Être), Chit (Conscience), Ananda (Extase).

Donc pouvons-nous tous connaître Dieu? Oui, répond Thirumular. La Grâce divine est accessible à tous sans exception. Mais pour savoir qu'elle est accessible, il faut être qualifié, ce qui ne peut s'accomplir que par la pratique intensive du yoga ou tapas, sans s'attendre à recevoir quoi que ce soit en échange. Les âmes à ce niveau sont neutres à l'égard du résultat de leur effort. Le mérite et le démérite reviennent au même. La Grâce divine descend très lentement, lentement, rapidement ou très rapidement.

Les quatre façons d'atteindre la Grâce sont carya, kriya, yoga et jnana. La première, carya, est la voie du service. Kriya est la voie du dévouement comme entre le fils et le père. Yoga est la voie de l'amitié et jnana est la voie de la connaissance. Ces quatre voies mènent à des niveaux de libération: la vie dans le monde avec Shiva est saloka; être près de Shiva est samipa; sarupa est la ressemblance à Shiva; et sayujya est l'union avec Shiva.

Selon Thirumular, comment peut-on reconnaître ces états de libération? Les âmes qui sont libérées sont pures; elles ne sont pas biaisées, elles n'ont pas de responsabilités, pas d'intérêts égocentriques, pas de renaissances. Elles ne font qu'un avec Dieu et vivent dans un merveilleux état d'union des cœurs. Elles adorent Dieu en tout temps.

À titre d'enseignant, Thirumular a formulé un système cosmologique qui inclut Dieu, le monde et l'âme. En tant que tel, on peut le voir comme un grand gourou... un véritable dissipateur des ténèbres. Il a créé le système de philosophie Shiva Siddhanta.

Un système philosophique est extrêmement important pour nous aider à interpréter la vie. Cependant, les siddhas étaient conscients du fait que la philosophie seule ne serait pas suffisante pour amener les individus à réaliser le Soi. Quelque chose de très pratique était nécessaire. Et voilà où le yoga devient particulièrement utile. Donc Thirumular présente ses méthodes de yoga afin d'aider les autres à réaliser leur potentiel. De cette façon, il continue sa quête à titre de véritable gourou.

Dès le début du chapitre 4, M. Ganapathy, PhD, expose certaines des nombreuses définitions que le yoga a acquises au fil du temps. Traditionnellement, yoga signifie "attacher, unir." Mais il s'agit là d'une définition concise qui ne donne aucune information sur les entités qui doivent s'unir. Essentiellement, le yoga est une méthode pratique et artistique d'actualisation du potentiel dans la vie. Par le biais de la pratique constante, nous arrivons à atteindre un niveau de conscience qui ne peut être décrit par les mots. On dit qu'il s'agit d'une "perception au-delà de la perception." Par-dessus tout il s'agit d'une méthode de réalisation du Soi.

Pour de nombreuses personnes, sinon pour tous, les concepts entourant le sens de la vie proviennent de personnes qui jouent un rôle social particulier, nommément des prêtres, des ministres du culte et d'autres religieux. Il s'agit là pour la société de la façon la plus courante d'aborder le sujet de Dieu. Le yoga, en particulier celui que pratiquent les siddhas, ne laisse pas de place à la vénération d'une déité dans un temple. Donc, bien que la religion et le yoga traitent tous deux du concept de Dieu, le yoga comprend une démarche pratique permettant à l'individu de réaliser l'Absolu suprême dans son propre corps. Pour Thirumular et les siddhas, la source de l'ignorance dans la vie des gens se trouvait dans les institutions religieuses comme les pratiques religieuses de groupe. Pour eux, l'atteinte de la réalisation du soi dépendait d'une pratique personnelle, et non de l'engagement dans une institution religieuse. Cela fait de Thirumular un enseignant révolutionnaire, puisqu'il affirme que seul l'effort personnel peut dissiper les fausses conceptions au sujet de Dieu.

À la base de l'enseignement de Thirumular se trouve la croyance selon laquelle l'âme individuelle est fondamentalement conscience pure, mais qu'elle est voilée de sa véritable identité par l'ignorance. Thirumular expose sa théorie du yoga, comme tout bon enseignant le ferait pour aider tous ses étudiants, en reformulant la théorie. Essentiellement, il décrit de quelle façon l'étudiant doit identifier la jiva individuelle avec Shiva au sommet de sa tête, au chakra sahasrara. Cela n'avait jamais été expliqué auparavant. On peut utiliser le terme Shiva Yoga pour désigner le Kundalini Yoga. Mais dans ce cas, Shiva n'est pas une déité sinon l'état divinisé de la libération humaine... voilà la libération dans la vie. Pour atteindre cet état, la pure énergie Shakti qui se trouve à la base de la colonne vertébrale remonte dans le canal énergétique central, le susumna, pour atteindre la pure conscience de Shiva au sommet de la tête.

Selon Thirumular, il existe trois sortes de yogis: kamattor, omattor et namattor. Le yogi kamattor recherche le sexe pour le plaisir; le yogi omattor trouve la flamme intérieure par le biais du Shiva Yoga; et le yogi namattor est un bhakti yogi, soit un yogi de la dévotion. Thirumular indique que le Shiva Yoga est la meilleure méthode. Le contexte de cette méthode est la tradition du Tantra Yoga, qui met l'accent sur l'atteinte de la liberté et de l'immortalité. Les trois systèmes (Shiva Yoga, Tantra Yoga et Kundalini Yoga) sont donc essentiellement le même. Le Tantra préconise la transcendance de toute forme de dualité en les fondant dans le corps du yogi. La dualité est perçue comme deux pôles opposés dans le corps: Shiva est masculin et représente la conscience pure, et Shakti est féminin et représente l'énergie pure. L'objectif est d'unir l'entité microcosmique et le macrocosmique. Jiva est le microcosme, l'âme individuelle, et Shiva est le macrocosme, l'Être universel. Selon Thirumular, le Shiva Yoga mène à "siva-aikya," soit une réalité basée sur l'amour. Donc pour Thirumular, Shiva est Amour, ce qui signifie que la fondation du yoga est également l'amour.

Lorsqu'on retourne au thème de la relation entre le gourou et l'étudiant, nous pouvons comprendre à présent la raison essentielle pour laquelle la nature du gourou est pure compassion. C'est parce que toute la connaissance qu'il a acquise se doit à l'Amour... l'amour envers Dieu, l'amour envers toute la Réalité. Selon Thirumular, la descente de la grâce (énergie) à la tête se doit en réalité à la grâce du gourou (p. 160). Nous pouvons donc conclure que le yoga consiste à réaliser le Soi individuel en tant qu'Amour par la grâce du gourou.

Pour que cette réalisation du Soi se produise, le yogi doit éveiller l'énergie primaire et la faire monter dans le canal énergétique central pour qu'elle traverse les sept centres et atteigne le sommet de la tête. Ces centres sont les chakras; ils n'existent pas dans le corps physique sinon dans le corps subtil. Ils représentent des seuils d'élévation de la conscience personnelle. Traditionnellement, du premier au septième, on les appelle muladhara, svadhisthana, manipura, anahata, vishudda, ajna, et sahrasara. Les trois chakras du bas concernent l'égoïsme, le sexe, la sécurité et la réalisation des désirs. Les trois chakras suivants concernent l'amour, la créativité et l'intuition. Et le septième chakra concerne la réalisation de l'Être universel; c'est ici que tout est intégré. Il s'agit d'un état si inexpressible qu'une de ses principales caractéristiques est l'hésitation d'en parler. La transformation du mental, du corps et de la vie de l'individu se traduit par une intégration totale. Il s'agit d'un état de vide ou de non-mental. La conscience est libre de toute restriction ou imperfection et elle existe dans son état essentiel d'Intelligence suprême. (À suivre)

 

Tous droits réservés: M. Govindan Satchidananda, février 2007

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